Les tarifs assurances de la flotte automobile ne cessent de croître depuis un an et cette tendance haussière ne semble pas prête de cesser. Quelques pistes pour réduire la facture.

Même si les compagnies d’assurances adoptent des politiques différentes en termes de flotte automobile de leurs clients, depuis 2018, toutes augmentent leurs tarifs en raison notamment des montants élevés de la sinistralité et des coûts de traitement toujours plus importants de cette dernière.

Ce consensus ne doit pour autant pas occulter le fait que les compagnies qui pouvaient être les mieux placées hier sont peut-être les moins favorables aujourd’hui et inversement. Aussi, les challenger est toujours d’actualité même si les économies potentielles à réaliser seront, semble-t-il, quelque peu inférieures en 2020 qu’il y a encore quelques mois.

Qu’est-il possible de faire ?

Le budget assurances d’une flotte automobile est constitué de 4 segments majeurs : la responsabilité civile (RC) ; l’assurance des matériels transportés ; la garantie dommages ; la perte financière.

  • Concernant la RC, qui est obligatoire, quel que soit le véhicule, les leviers à la disposition des assurés sont faibles.
  • Concernant les assurances sur les matériels transportés, le levier d’économies relève de la modularité des montants de remboursement souhaités et de la révision des franchises.
  • Du point de vue de l’assurance dommages, la valeur des véhicules, établie selon l’âge et le kilométrage parcouru, est le vecteur clé à prendre en compte. Ainsi, pour des véhicules âgés de 8 ans, les entreprises devraient s’abstenir de recourir à cette assurance. On notera qu’à ce sujet, disposer d’une loi de roulage précise est indispensable. Elle permet notamment d’adapter les franchises.
  • Pour ce qui est de la perte financière sur les véhicules du parc, une option que l’entreprise souscrit pour couvrir la valeur du véhicule en cas de vol ou de sinistre total, elle n’est pertinente que pour des véhicules de valeur ou à forte sinistralité. Par ailleurs, selon la taille du parc, il peut être bénéfique d’internaliser le risque.

On notera que les franchises, qui sont de la directive de l’entreprise, sont modulables. Par conséquent, plus elle est forte moins l’assurance coûte chère. C’est la sinistralité qui donne la mesure. À sinistralité faible, facture faible.

Un principe clé

La première des actions pour se présenter au marché est à mener en direct avec le courtier en lui demandant de fournir un état des lieux de la sinistralité de la flotte automobile sur les 3 dernières années. Cette cartographie est essentielle, car elle permet de comprendre comment les véhicules sont utilisés et d’identifier pour chacun le type et le coût des dommages s’il y en a eu.

Il n’est cependant pas recommandé d’effectuer des appels d’offres tous les ans, car, ce faisant, l’entreprise envoie des signaux négatifs aux prestataires qui, alertés, la contraindront en retour à se contenter de la dernière offre, souvent peu avantageuse aussi bien en termes de tarifs que de garanties… En la matière faire preuve de maturité est un facteur clé de succès. Aussi, l’entreprise ne devrait mettre en concurrence le prestataire en place que tous les 2 ans. La première année est tranquille, car elle sert à établir un lien avec la compagnie d’assurances. Mais dès la seconde, cette dernière affichera sa volonté d’augmenter les tarifs. Aussi, dès la 2e année de contrat, celui-ci devra être dénoncé à titre conservatoire. Si aucune action n’est menée durant cette année, l’entreprise ne pourra que subir la hausse dans la troisième et attendre encore un an. Ainsi, pour des contrats calendaires, l’action devra se faire en septembre pour mener des consultations au troisième trimestre.

Au-delà de ce process, les entreprises doivent démontrer vouloir être vertueuses. Pour ce faire, elles peuvent mettre en place des formations à l’écoconduite ou encore mettre en place des stages de conduite dédiée à la sécurité. C’est simple et peu onéreux, car ils peuvent être financés par les dispositifs des plans de formation. Remarquons que les compagnies d’assurances sont friandes de ces indicateurs.

En conclusion

Les raisons qui invitent une entreprise à renégocier le budget assurances de la flotte automobile sont de deux ordres. Il peut s’agir de réduire les coûts purement et simplement comme il peut être question d’accorder les garanties et les franchises en fonction de l’évolution du parc automobile et des besoins de l’entreprise.

Et dans tous les cas, s’il n’y a qu’un conseil à retenir, il convient de déléguer les démarches à un expert en assurances qui dispose de l’Orias tant les aspects réglementaires sont prégnants.

Il est important également d’avoir conscience que tout changement de prestataire est coûteux en termes de temps masqués. En effet, la transition demande des temps d’adaptation des opérationnels aux nouveaux processus. D’où l’intérêt de réaliser un audit exhaustif de ces frais.

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