Si la hausse ‘’tarifaire’’ des frais bancaires pour 2021 affiche des taux acceptables de 1 à 2%, le diable se cache dans les détails et la réalité pour certaines PME et ETI est toute autre. En effet, dans la réalité, la hausse moyenne observée est plus proche de 8% avec des pics pouvant atteindre 20%. Mais des leviers existent pour optimiser ce budget.

Ces hausses s’expliquent par les classiques répercussions sur les clients des augmentations ‘’naturelles’’, notamment à cause de l’accroissement des coûts de production des banques dû à l’arrivée de nouvelles contraintes réglementaires imposées par les autorités prudentielles. Mais elles sont également le fruit, en matière de frais bancaires, de pratiques inédites. Effectivement, d’une part les banques augmentent les frais classiques, surtout les commissions de mouvement, quasiment à l’insu des clients et à des taux qu’elles fixent selon chaque cas client. D’autre part, elles en profitent pour en imposer de nouveaux. Sans contrôle détaillé, les entreprises n’en font malheureusement pas le constat. Cela se comprend aisément tant ces frais prélevés passent inaperçus en raison de leurs faibles montants unitaires comparativement aux autres lignes de charges. Sans ajouter que l’opacité est bien souvent la règle dans le secteur bancaire, entre un jargon difficilement compréhensible, des libellés vides de sens (abonnement SOGECOMMERCE, COMM.SEF/lignes extraits…) et une tarification complexe, rendant toute démarche d’optimisation particulièrement chronophage.

Seules les entreprises averties y échappent. Faites comme elles, en adoptant 4 leviers !

  1. S’il n’y en avait qu’un à retenir, ce serait celui-ci : la cartographie des frais bancaires. Cette démarche impose de reprendre toutes les factures une par une, banque par banque (et pour chaque filiale si l’entreprise en possède) afin d’identifier pour chaque institution financière, les frais (paiement, télématique, tenue de compte…) et leurs montants unitaires. Encore faut-il que ceux-ci soient intitulés de la même façon pour pouvoir effectuer des rapprochements. Ce faisant, l’entreprise a une vision précise de son budget. Sans compter qu’au passage, elle peut relever des services facturés pourtant inutiles et même identifier des erreurs de facturation comme des doublons (un taux d’erreur de 7 à 10% est fréquent).
  2. Il est également indispensable de comparer les conditions tarifaires conclues par le passé avec la réalité de la facturation. En effet, de nombreux écarts sont malheureusement à déplorer. C’est notamment le cas pour les groupes où les conditions négociées avec la holding ne sont pas toujours appliquées dans toutes les filiales.
  3. Ainsi dotée d’une bonne vision de son budget frais bancaires, l’entreprise a la capacité de négocier avec ses banques. Pour autant, pour accroître les chances de succès, les entreprises doivent s’inscrire dans une démarche gagnant/gagnant avec chacune de leurs banques. En effet, en contrepartie de frais négociés, celles-ci attendent des volumes de flux en corrélation avec leurs engagements financiers.
  4. En outre, il est impératif de maintenir une relation continue avec ses interlocuteurs bancaires. Si le minimum est de l’ordre d’un rendez-vous tous les deux ans, le mieux serait d’en avoir plus souvent et ce, même si certaines institutions voient d’un mauvais œil des relations de longue date s’instaurer entre un client et son interlocuteur bancaire. Sans oublier que le secteur bancaire pâti d’un fort turn-over de ses équipes et qu’il faudra sans doute recommencer tout à zéro. En effet, dès l’arrivée d’un nouveau chargé de compte, ce dernier aura la possibilité de ne pas revenir sur les conditions négociées ou au contraire, de réappliquer les conditions tarifaires standards.

Parce que vous aurez plus de chances d’aboutir à une bonne négociation en étant préparé et en maîtrisant l’information bancaire (la vôtre), il est donc impératif d’anticiper la démarche et de ne pas hésiter à vous faire accompagner en cas de manque de temps ou de recherche d’expertise.

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