L’économie de l’usage n’épargne aucun bien d’équipement et la location tend à se généraliser au budget informatique. Un changement de paradigme qui invite les entreprises à comparer l’achat et la location longue durée. Mais si cette dernière solution a le vent en poupe, est-elle toujours la plus pertinente ? Quelques pistes de réflexion.

Constructeurs d’équipements informatiques et sociétés de financements proposent de plus en plus aux entreprises de changer de cap et d’abandonner l’achat en cash ou à crédit et d’opter pour la location pour financer différemment leur parc d’ordinateurs fixes, portables, tablettes, serveurs…

La location est séduisante à plusieurs titres. Tout d’abord, elle semble parfaitement adaptée aux équipements informatiques dont l’obsolescence est atteinte en seulement 3 à 5 ans en moyenne. Effectivement, adossé au principe de reconduction de contrat, ce mode de financement permet à l’entreprise de disposer en permanence de matériels à la fiabilité optimale et à jour des progrès technologiques. De plus, et c’est un atout non négligeable, le leasing ou le crédit-bail est un financement lissé dans le temps qui préserve la trésorerie, et, en sa qualité de charge d’exploitation déductible du compte de résultat, il a un impact positif sur la capacité d’endettement.

Pour autant, avant d’opter pour ce type de financement, il est impératif d’analyser finement son budget afin d’éviter les chausse-trappes qui pourraient considérablement le grever.

En termes de budget informatique, les entreprises ont tendance à en déléguer la pleine gestion aux services informatiques. Or, s’ils sont bien évidemment incontournables pour effectuer l’analyse des besoins et créer un catalogue de matériels pertinents, il faut associer à leur expertise celles des acheteurs. Cela est certainement encore plus vrai dans le cadre d’un choix entre achat, leasing et crédit-bail.

Il est notamment impératif d’être en mesure de réaliser un cahier des charges précis et complet à soumettre pour appel d’offres à une liste de prestataires pertinemment identifiés puis de décrypter et comparer autrement que sous le seul angle des produits les offres proposées en retour. Il faut effet s’intéresser aux services (formatage en usine des équipements, spécificités poste par poste, livraison par lots, mise en place d’un outil de gestion de parc, accès à une assistance technique, à la maintenance, assurance des équipements…) et aux clauses contractuelles (reprise en l’état ou après reconditionnement refacturé, délais de dénonciation des contrats…). Ces volets, notamment l’un des plus cruciaux, les conditions de reprise des matériels, peuvent considérablement alourdir le budget informatique. En la matière, les financeurs se réfèrent à la valeur résiduelle de l’équipement qu’il faudra être capable d’estimer. Aussi, il ne faut pas se tromper dans le choix des matériels et préférer ceux qui seront attendus sur le marché de l’occasion. De plus, il faut effectuer un choix judicieux entre location en directe auprès d’un constructeur ou via un loueur. Aussi, avoir une connaissance fine des acteurs -de plus en plus nombreux sur ce marché-, de leurs propositions en termes de matériels, de prix et de prestations de services est indispensable pour effectuer un choix adéquat.

Enfin, si la location est de plus en plus plébiscitée, opter pour cette solution pour l’intégralité de son parc n’est pas toujours justifié. Il est impératif de segmenter sa flotte de matériels informatiques en fonction des besoins et de comparer les coûts globaux. En effet, l’achat demeure une excellente solution si l’équipement, notamment un ordinateur dédié aux seules tâches bureautiques basiques, ne nécessite pas un renouvellement tous les 3 ou 4 ans. Avec l’achat, l’entreprise dispose d’un équipement neuf couvert par une garantie constructeur d’un ou deux ans qui peut être étendue si nécessaire. Par ailleurs, l’entreprise préserve son indépendance financière puisqu’elle n’est pas liée par un contrat de location.

La démarche la plus pertinente exige ainsi de comparer les solutions de financement en appréciant toutes les composantes du coût global de chacune : valeur d’achat et de revente du matériel, taux de financement, prix des services inclus….

En conclusion, il n’y a pas de solution unique, il n’y en a que de sur mesure. S’adjoindre des conseils d’experts indépendants associant connaissances informatiques et expertises achats est gage de succès.

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