Si verdir son parc automobile est une démarche qui a le vent en poupe, elle doit être menée avec prudence afin qu’elle ne se solde pas en un gouffre financier. Voici quelques conseils pour procéder au mieux.

Remplacer les motorisations thermiques, essence ou diesel, de sa flotte automobile par des moteurs alternatifs qui rejettent moins de CO2, hybrides ou électriques, est une politique d’entreprise très en vogue car elle permet de satisfaire simplement et rapidement à un positionnement écoresponsable. En outre, cette transformation incitée par la loi LOM – loi d’organisation de la mobilité- est relayée par les constructeurs, qui cessent même pour certains de produire des citadines diesel. Elle est également soutenue par les loueurs, qui après des années de frilosité à l’égard des motorisations vertes, leur accordent désormais des valeurs résiduelles favorables, au détriment du diesel, dont ils anticipent une perte de valeur sur le marché de l’occasion. Pour autant, ce changement vertueux doit faire l’objet d’une démarche rigoureuse.

Une nécessaire segmentation des besoins

S’il n’y avait qu’un conseil à prodiguer ce serait de ne pas se précipiter et de ne pas généraliser le verdissement à toute sa flotte automobile. Cette pondération s’explique d’une part, par l’actuelle insuffisance des offres des constructeurs automobiles même si le verdissement des gammes se développe à marche forcée, et d’autre part, par l’inadéquation d’une opération menée à la hâte.

En effet, la solution pour conjuguer respect de l’environnement et maîtrise de son budget flotte automobile tient en une segmentation fine du parc. Celle-ci doit tenir compte, entre autres, de la loi de roulage de l’entreprise : nombre de kilomètres parcourus et type d’usage du véhicule. Concrètement, même si un véhicule n’a pas pour vocation d’effectuer de longues distances, ce qui pourrait aller en faveur de l’électrique, mais qu’il est destiné au transport de charges, cette motorisation est à proscrire. Ainsi, pour résumer simplement, l’entreprise dédiera :

  • Un véhicule diesel aux collaborateurs qui roulent beaucoup et sur de longues distances ;
  • Un véhicule hybride à ceux qui roulent moyennement avec des possibilités de recharge régulières ;
  • Une motorisation électrique aux salariés qui roulent peu et à proximité des bornes de recharges. C’est notamment le cas des navetteurs pour lesquels la voiture est principalement affectée aux trajets domicile-travail.

Intégrer également le facteur humain

En outre, ces critères doivent être complétés de facteurs qui tiennent compte du comportement des collaborateurs. En effet, le verdissement de la flotte n’aura de réalité que si les utilisateurs sont acquis à la cause environnementale et s’impliquent au quotidien. A l’heure actuelle, se rendre à la pompe et faire le plein est bien moins contraignant que de recharger un véhicule hybride. Et si cette contrainte est trop forte, le collaborateur utilisera son hybride majoritairement en mode thermique. In fine, la démarche sera contreproductive. Ces véhicules alternatifs étant très lourds, ils consomment plus que les conventionnels. Finalement, le budget flotte automobile explose et la pollution n’est pas maîtrisée.

En conclusion, il est conseillé d’adopter une approche structurée et sur mesure : établir un cahier des charges précis en adéquation avec les besoins de l’entreprise ; consulter les constructeurs et les loueurs ; comparer les motorisations thermiques et vertes ; s’assurer de la possibilité technique du changement (installation des bornes de recharge dans l’entreprise, chez le collaborateur) ; raisonner en coût global…

(illustration https://www.tesla.com/fr)

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