Des subventions à destination des PME et ETI, il y en a des milliers. Ce serait dommage de ne pas en profiter ! Les démarches pour les obtenir n’étant pas toujours aisées, voici 5 étapes incontournables pour obtenir une subvention sans peine.

Bpifrance, Initiative France, Réseau Entreprendre, CCI, conseils régionaux, Union européenne, Ademe, etc… L’ensemble des organismes publics et différentes associations à destination des entrepreneurs et/ou des PME délivrent des aides financières sous forme de subventions ou de prêts d’honneur. ” Ce qui représente des milliers de subventions possibles “, résume Frédéric Jamet, associé-fondateur du cabinet de conseil 7Partners. Un petit “coup de pouce” qui n’est pas à négliger : d’après Euklead, qui accompagne les entreprises dans l’obtention d’aides financières, 10 % à 40 % d’un projet peut être financé par ce moyen. De plus, grâce à ces aides financières, la capacité d’emprunt de l’entreprise est augmentée et il est donc plus facile d’obtenir d’autres financements. Afin de bénéficier de tous ces avantages, voici 5 points pour décrocher un “go”.

1 – Organiser une veille

Compte tenu de l’innombrable quantité d’aides, et de leurs origines diverses, ” il est important d’ organiser une veille afin de savoir quand une nouvelle aide émerge et comment les aides déjà existantes évoluent “, note Vivien Lacône, responsable financement à la CCI Paris-Île-de-France. Pour que la veille soit efficace, mieux vaut sélectionner les organismes et aides qui correspondent le plus au profil de son entreprise et les suivre de près, au risque sinon de ne plus savoir où donner de la tête.

2 – Bien définir son projet

Même si une veille est nécessaire afin de se tenir au courant de l’actualité des aides et subventions, il ne s’agit pas de partir des dispositifs existant pour construire son projet ensuite : ” Attention à ne pas présenter un projet qui serait conforme au cahier des charges du financeur, mais ne correspondrait pas vraiment au projet d’entreprise, car il n’y aura pas de financement si le projet n’aboutit pas “, met en garde Rachel Champeymond, experte subventions chez Euklead. Pour que la demande de subvention – et le projet qui y est associé – soit un succès, il s’agit toujours de partir de ce que l’on souhaite entreprendre puis de regarder s’il existe une aide. Rachel Champeymond invite à faire une synthèse des projets envisagés en mettant en valeur les arguments positifs afin de mener une revue des aides et subventions en fonction des thématiques couvertes. À noter que des thématiques sont privilégiées par les financeurs : ” la modernisation de l’outil de production, la réduction de l’impact sur l’environnement, la pénibilité au travail et la création
d’emplois “, énumère Rachel Champeymond (Euklead). Thierry Legrand, expert-comptable associé chez Exponens, sait, d’expérience, que les projetsles plus enclins à décrocher une aide sont aussi les plus concrets : ” Il faut qu’il y ait quelque chose de tangible à montrer. Les phases de pré-développement emportent rarement l’adhésion “, avertit-il.

3 – Agir ni trop tôt, ni trop tard

Si le projet que l’on souhaite faire financer doit être bien défini, il ne faut pas non plus qu’il soit totalement abouti lorsque la demande d’aides est formulée. ” L’acteur public doit être consulté très en amont. Il faut avoir cadré le projet, le budget, pourquoi pas des devis, mais ceux-ci ne doivent pas être signés “, précise Frédéric Jamet (7Partners). Le projet doit donc être à l’état de projet, mais suffisamment concret pour séduire les investisseurs : un timing assez serré ! D’autant que certains organismes ne délivrent d’aides qu’à des moments précis de l’année, surtout s’il s’agit de concours. ” D’une façon générale, remarque Thierry Legrand (Exponens), les demandes de début d’année ont de meilleures chances d’aboutir que celles de fin d’année, qui arrivent lorsque les enveloppes sont épuisées .” Enfin, le bon timing est aussi celui qui valorise l’entreprise. Il s’agit de montrer que l’on a besoin de cash pour financer son projet, mais que son BFR reste à un niveau suffisant pour inspirer confiance. “Tous les organismes financeurs regardent ce que l’entreprise a en poche avant d’accorder un financement : comme ils ne prêtent qu’un pourcentage de la somme nécessaire à la réalisation des projets, ils veulent être sûrs que l’entreprise dispose des fonds nécessaires pour financer le reste”, explique Vivien Lacône (CCI Paris-IdF). Il conseille notamment de faire une demande de prêt d’honneur auprès d’un autre organisme avant de déposer son dossier auprès de Bpifrance qui, comme toutes les banques, accorde de l’importance aux fonds propres.

4 – Constituer un dossier solide

Sans dossier “vendeur” pas de subvention ! Lorsque l’on fait une demande de subvention, l’étape la plus importante est de soigner son dossier : “Le dossier doit faire ressortir les éléments positifs : la création d’emploi, les apports technologiques, l’aspect environnemental, la dimension internationale, etc… L’investissement doit apporter de la création de valeur et ne pas favoriser l’enrichissement des actionnaires”, souligne Frédéric Jamet (7Partners). Surtout, il faut adapter son argumentaire aux attentes de l’organisme financeur : “Selon l’organisme, l’histoire est à raconter différemment car les critères sont différents d’un financement à l’autre”, résume Vivien Lacône (CCI Paris-IdF). La forme compte également : “Il faut respecter le formalisme du financeur et se conformer aux formulaires, différents pour chaque organisme”, ajoute Rachel Champeymond (Euklead). Pour être sûr de bien se conformer aux attentes des organismes, ne pas hésiter à échanger avec eux afin de s’assurer que son projet correspond bien à leurs critères d’éligibilité. Cela permet aussi de se faire connaître des financeurs et d’être, à leurs yeux, plus qu’un simple dossier. La qualité du dossier est aussi une sécurité : avec une demande bien argumentée et correctement montée, le risque est faible d’être victime d’une contestation a posteriori, lesquelles contestations peuvent parfois aboutir à une demande de remboursement de l’aide versée. “Des vérifications sont généralement faites : il s’agit de montrer que ce qui était prévu a bien été mis en oeuvre”, annonce Thierry Legrand (Exponens).

5 – Se faire accompagner

Si le montage du dossier est essentiel, il est aussi long, difficile et fastidieux. Pour gagner du temps, mais aussi optimiser ses chances d’obtenir une réponse positive, et réduire les risques de litige, de nombreuses entreprises se font accompagner par des sociétés spécialisées dans la recherche de financement. Ces dernières se rémunèrent généralement en prélevant un pourcentage (entre 4 et 15 %) des aides obtenues.

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