Les motorisations hybrides, une solution d’optimisation de votre budget flotte automobile ? Contre toute attente, les voitures neuves à motorisation hybride essence, plus chères à l’achat que toutes autres versions, sont une solution pertinente pour optimiser son budget flotte automobile tout en satisfaisant aux considérations environnementales de plus en plus prégnantes. Mais à certaines conditions. Explications.

La demande croissante des entreprises pour des motorisations alternatives en accord avec leur démarche RSE, le « dieselgate » et le « dieselbashing », les restrictions de circulation frappant les véhicules les plus émetteurs de CO2comme les diesels, les augmentations successives des prix du litre de gazole… ont un impact considérable sur le marché.Une transformation relayée par les constructeurs, qui cessent même pour certains de produire des citadines diesel et qui, à l’instar de Toyota, précurseur en matière de motorisations hybrides, s’engouffrent sur le marché des motorisations alternatives. En 2018, le marché de l’hybride pour les particuliers en France a bondi de 30,4 % par rapport à l’exercice précédent en totalisant 106 366 unités, contre 81 559 en 2017. Et pas que pour les particuliers. Les entreprises s’y intéressent également.

Pour preuve : les loueurs, acteurs autrefois frileux à l’idée de proposer des véhicules hybrides, commencent aujourd’hui à les chiffrer favorablement et à déployer des solutions avantageuses pour les entreprises. Un revirement de situation par rapport aux pratiques passées, qui accompagnaient le tout diesel alors en vogue. Il y a encore quelques mois, ces acteurs cotaient mal les hybrides car ils étaient méfiants au regard de leur revente, comme pour celle des « tout électriques ». Les entreprises ne s’appuyaient donc que sur les possibilités offertes par les loueurs captifs des constructeurs. Le premier loueur à s’être lancé dans l’aventure est ALD Automotive, filiale de la Société Générale, avec qui il était possible d’obtenir des solutions alternatives intéressantes.

Cas pratique

Dans le cadre d’une de nos missions d’optimisation des budgets de flotte automobile, nous avons pu constater à quel point les loueurs avaient fait leur révolution. Nous avons opposé deux types de motorisation pour un même modèle et sommes arrivés à un résultat qui laisse présager de nouvelles perspectives. Entre un véhicule haut de gamme hybride essence rechargeable et le même véhicule en diesel, lequel sera le plus avantageux pour l’entreprise ? Pour rappel, la voiture hybride combine des motorisations de natures différentes : thermique (essence ou diesel) et électrique. Nous avons choisi la version essence pour être totalement en accord avec la démarche voulue par le dirigeant de la société qui nous a consultés.

Faisons un rapide calcul :

  • Le premier poste de coût du budget est le loyer. Alors que le prix du véhicule hybride (102 412 euros) est supérieur à celui de la version diesel (93 000 euros), son loyer obtenu auprès du loueur a été inférieur de 200 euros par mois par rapport au diesel. Étonnant ? Pas tant que cela au regard de ce que nous avons annoncé plus haut. En effet, notre client a pu bénéficier d’un loyer avantageux car le loueur a décidé de privilégier l’hybride en lui accordant une valeur résiduelle plus favorable. Il a estimé que la version hybride se revendrait proportionnellement plus cher que le même modèle en diesel. C’est donc bien là une action volontariste du loueur, qui estime que le marché des véhicules diesel d’occasion sera plus contraint en raison du contexte actuel cité précédemment.
  • Quant au coût de maintenance, il est évalué deux fois plus cher sur l’hybride que sur le diesel, soit 50 euros de plus par mois . Nous invitons les entreprises à pondérer cette assertion car elle est le reflet, selon nous, du manque de recul des loueurs à propos de la technologie alternative.
  • Pour les frais tels que les pneumatiques, l’assistance, les assurances, nous considérons qu’ils sont identiques, que l’on ait opté pour l’une ou l’autre des configurations.
  • Concernant, le carburant, l’hybride affiche une consommation de 2,8 l/100 km et le diesel de 7,5 l/100 km. Même si le rapport entre les consommations semble cohérent, il faut considérer ces chiffres avec précaution car les consommations affichées sont souvent peu fiables.
  • Enfin, c’est le second poste le plus lourd pour l’entreprise – les taxes – qui va faire toute la différence. En effet, l’hybride affiche une taxe vingt fois inférieure à celle du diesel, avec dans notre cas un montant de 170 euros par an pour l’hybride et de 3 880 euros par an pour le diesel. Rappelons que la TVTS (taxe annuelle sur les voitures de tourisme des sociétés) est d’autant plus élevée que les taux d’émissions de CO2 le sont. Dans le cas du modèle haut de gamme puissant qui nous occupe, la comparaison n’est pas tenable pour le diesel. Il en est de même pour le bonus-malus écologique, qui s’applique à partir de 120 g/km de CO2, avec un montant de malus pouvant atteindre 10 500 euros pour un taux de rejet supérieur à 185 g/km. Attention donc ! Plus on baisse en gamme (puissance moteur) moins la différence est notable ; ce faisant, la solution hybride serait plus chère que la version diesel.

Au final, le modèle hybride essence haut de gamme coûte 450 euros par mois de moins que sa version diesel.

En conclusion

Avec de tels résultats, nous assisterons certainement à un basculement vers les hybrides essence rechargeables haut de gamme de la part des dirigeants d’entreprise.
Notons cependant que ces 450 euros par mois ne se maintiendront que pour des trajets A/R de 60 kilomètres au total par jour quand l’électrique est sollicitée. Si la loi de roulage est supérieure à 25 000 kilomètres par an, l’hybride sera au final plus onéreux que le diesel du fait de la consommation de carburant.

Nous conseillons par ailleurs aux entreprises qui font un tel choix de se tourner vers la location longue durée. Il est raisonnable de penser que dans cinq ans les motorisations auront encore beaucoup évolué.

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